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Sixième épisode : La vie à Genève

Geneva-pic

Après 5 ans dans la région, je peux vous parler assez largement maintenant de la vie genevoise, de ses points positifs comme négatifs. Pour en parler, il faut revenir sur une question finalement centrale : pourquoi être venus à Genève et comment s’est passé notre arrivée ?

C’est un peu par hasard que nous avons atterris en Suisse. En effet, je ne connaissais pas du tout Genève avant de venir rendre visite en décembre 2014 à des amis qui travaillaient ici et vivaient en France voisine. Nous étions à l’époque bien installés à Luxembourg et n’envisagions pas spécialement de partir MAIS je rêvais d’expatriation depuis très longtemps et je n’envisageais pas de rester au Luxembourg même si je m’y plaisais beaucoup.

Mon objectif en terme d’expatriation était de vivre dans un pays anglophone au climat agréable toute l’année (en clair : en Australie). C’était donc très inattendu mais lors de ce premier week-end genevois, j’ai eu un vrai coup de coeur pour la région. Le lac, la ville, le jet d’eau, tout ça avec le Mont-Blanc et les sommets enneigés en arrière plan. J’étais conquise. À l’époque, je terminais mon master et je me suis dit “pourquoi ne pas postuler à Genève ?”. Je voulais simplement tenter ma chance, si ça fonctionnait tant mieux, sinon ce n’était pas bien grave. C’est comme ça qu’en plus de postuler au Luxembourg, j’ai envoyé 2 candidatures à Genève. Je suis revenue dans la région fin janvier pour passer des entretiens et quelques jours plus tard, je me suis retrouvée face à un dilemme. J’avais devant moi une offre d’emploi à Genève et une autre à Luxembourg.

Luxembourg

De prime abord, en toute franchise, j’ai été assez scotchée par le montant du salaire offert en Suisse pour exactement le même poste que celui qu’on m’offrait au Luxembourg. Par contre, le salaire était tout ce qui composait ma rémunération, il n’y avait pas de package comme on m’en proposait au Luxembourg. Ici, pas de mutuelle santé, pas de téléphone, pas de bonus, pas de 13e mois, rien du tout. Je ne savais pas non plus ce que ça donnait en net car je ne connaissais pas vraiment le système. J’ai utilisé le site salaire suisse, qui vous donne une idée certes approximative mais tout de même utile de votre futur salaire net. J’en ai longuement discuté avec mon conjoint puisqu’il était convenu que si départ il y avait, nous partirions à deux. Lui n’était pas de la région Lorraine / Luxembourg et n’avait donc aucune attache particulière là-bas, en plus, il avait déjà envisager une expatriation à Genève quelques années auparavant. Du coup on n’a pas hésité longtemps, on a décidé de partir à l’aventure et de vivre l’expérience de l’expatriation en Suisse.

Les obstacles avant notre arrivée

J’ai signé mon contrat fin janvier 2015 et je devais débuter le 1er octobre de la même année. Sur le papier ça nous donnait pas mal de temps pour tout organiser. Dans les faits, on a rencontré pas mal d’embûches.

La recherche d’emploi pour mon conjoint

En voyant les prix des locations dans la région de Genève, on a vite compris qu’un seul salaire ne suffirait pas à couvrir les frais. On avait l’habitude à Luxembourg de sortir souvent au restaurant, de retrouver nos amis dans les bars, d’assister à des concerts, ce genre de choses, et c’était important pour nous de pouvoir garder un niveau de vie assez similaire.

Monsieur a donc commencé à postuler très vite, dès la signature de mon contrat. Cependant en postulant depuis Luxembourg et avec une adresse au Luxembourg du coup bien sûr, les candidatures restaient sans réponse. Son expérience au Luxembourg n’était pas suffisante et les entreprises avançaient toujours le même argument : on veut quelqu’un avec de l’expérience en Suisse. Au début on prenait ces retours avec le sourire mais plus les mois passaient, plus c’était difficile. Pour nous, la seule solution nous semblait être de faire un suivi de conjoint. Nous étions pacsés depuis quelques années, nous étions donc éligibles. En effet, quand votre conjoint part à l’étranger (ça dépend évidemment du pays), il est possible de le suivre et de bénéficier du chômage pendant quelques temps. Nous n’avions à l’époque plus beaucoup d’espoir qu’il trouve un emploi dans les temps et il devait démissionner pour qu’on puisse partir mi-septembre. Nous avons fait toutes les démarches auprès des assurances chômage et là, en août, quand vraiment nous n’y croyons plus, un rendez-vous pour un entretien, un aller-retour express dans la journée (oui dans la journée !) à Genève et quelques jours plus tard… un contrat signé ! Début du travail : 1er octobre. Un poids en moins et pas des moindres !

crop businessman giving contract to woman to sign
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La recherche d’un logement

Ah Ah Ah Ah la recherche d’appartement ici… ! Je vous ai expliqué en détails comment ça se passe pour faire les visites, pour constituer un dossier etc. Je ne vais pas revenir ici dans le détail de comment se passe la recherche d’appartement, pour ça, je vous renvoie vers le script / l’épisode sur la recherche d’appartements à Genève. Maintenant, je vais vous raconter comment ça s’est passé concrètement pour nous.

Retour donc en 2015. On ne savait pas trop comment ça fonctionnait à l’époque, combien de temps les gens mettaient pour rendre leurs appartements, ce genre de choses. Du coup, on n’avait aucune idée du moment auquel il fallait qu’on commence notre recherche d’appartement. On est venus ici pour la première fois, si je ne me trompe pas, en mai, sur un week-end prolongé. L’objectif était ambitieux : visiter quelques appartements et éventuellement, signer un bail.

Je me souviens qu’on avait loué une chambre dans un hôtel à Annemasse. On ne savait pas trop où chercher et tout ce qu’on voyait nous semblait hors de prix côté Suisse. On s’est aussi heurté à un problème qu’on n’avait pas vraiment envisagé, peu voire pas de régie travaille le samedi. Du coup nous qui espérions vraiment faire des visites on s’est rendu compte que ça allait être très difficile. On a quand même pu visiter deux appartements à Genève. Le premier était vraiment dans un état lamentable et très cher, le second était pas mal mais c’était une visite groupée, ce qu’on n’avait jamais connu avant. On devait être facilement une dizaine de personnes dans un appartement d’une seule chambre. On a vite compris que ça allait être difficile. On n’a pas voulu prendre de décision trop rapide et évidemment quand on a finalement voulu déposer un dossier c’était trop tard.

Côté français on a fait quelques visites à Annemasse mais malheureusement on n’a pas été très convaincus. On aimait beaucoup les immeubles du quartier du Chablais mais il n’y avait rien de disponible à la location à l’époque.

Le week-end s’est terminé et on n’avait rien. Cette première prospection a amené son lot de questionnements. Clairement ce qu’on a vu en France comme en Suisse ne nous avait pas beaucoup emballés. L’aperçu qu’on avait eu de Genève était en plus très différent de ce qu’on avait vu en décembre lors de notre week-end chez nos amis. J’avais déjà eu ce sentiment que Genève ne me plaisait pas tant que ça quand j’étais revenue pour passer un entretien. En effet, à l’époque j’avais logé dans un hôtel vraiment dans son jus comme on dit et dont la nuit m’avait pourtant coûté 130€ de mémoire. Pourtant on ne peut pas dire que la localisation était incroyable, c’était proche de l’aéroport mais aussi proche de l’autoroute… Le secteur du coup, était vraiment pas terrible et les bureaux dans lesquels j’ai passé l’entretien extrêmement vétuste. Très loin de ce que j’avais pu voir au Luxembourg, pourtant, je postulais pour la même entreprise !

Bref, après ce week-end de visites on n’était plus vraiment sûrs de vouloir venir en Suisse. J’avais une sorte de mauvais feeling, un sentiment que je ne devais pas faire le move. Je pense que ce sentiment était aussi augmenté par le fait que je réalisais petit à petit que j’allais partir loin de mes proches et qu’ils allaient beaucoup me manquer…

On a quand même voulu revenir prospecter en Juin, sans grand succès, puis en Juillet. On a élargi notre zone de recherche et comme je vous l’ai dit dans l’épisode sur la recherche d’appartements, on a visité des appartements dans les 3 zones frontalières. On a eu une préférence pour l’Ain et surtout pour Gex, qu’on trouvait très mignonne. Après moult recherches et rebondissements, on a fini par trouver un appartement vraiment en last minute dans une résidence neuve de Gex. On n’a eu les clés que le 25 septembre ! Autant vous dire que l’installation a été très rapide !

Notre expérience, les embûches et les points positifs

Une fois installés dans notre nouvel appartement et nos prises d’emploi effectuées on était soulagés et prêts pour démarrer cette nouvelle vie à presque 600 km de Luxembourg. On était loin d’imaginer toutes les péripéties qui allaient suivre.

Des embûches mais aussi beaucoup de positif

S’intégrer

La rubrique peut vous paraître un peu étrange mais ça a été vraiment difficile la première année. Ce serait mentir de dire le contraire. Se refaire un cercle d’amis ici a pris du temps, beaucoup de temps ! J’imagine que c’est pareil dans beaucoup d’endroits. Disons qu’à l’inverse de lieux d’expatriation non francophones où une solidarité et une amitié se créée très vite dès qu’on entend parler sa langue, ici il n’y a pas vraiment cette connexion ici puisque la ville est francophone. Je travaille pour un Big Four de l’audit et du conseil et je me souviens encore très clairement d’un collègue quelques mois après mon arrivée, qui m’a dit de manière très directe ne pas chercher à construire de nouvelles amitiés. J’avais été très surprise car au Luxembourg, le nombre très important de jeunes diplômés intégrant les big four chaque année permet aux gens de se constituer très vite un cercle d’amis et de s’intégrer rapidement, notamment parce que beaucoup d’évènements sont organisés au sein de l’entreprise. Ici à Genève c’est très différent. Il y a moins d’évènements de networking, moins de monde recruté chaque année aussi car les Big Four sont beaucoup plus petits. Du coup, contrairement à ce que je pensais en arrivant, c’est vraiment difficile de se créer un groupe d’amis, même en travaillant pour ce genre d’entreprise.

Pour tout vous dire, au bout d’un an ici, alors que nous étions frontaliers, nous avons très sérieusement envisagé un retour au Luxembourg. J’ai démissionné, résilié le bail de notre appartement, on a tous les deux repassé des entretiens au Luxembourg où on nous a fait une offre, et puis… En revenant à Genève après ces derniers entretiens, un petit goût d’inachevé. On avait l’impression de ne pas avoir pleinement vécu l’aventure notamment parce qu’on avait été frontaliers. Du coup, comme on devait de toute façon rendre notre appartement le mois suivant, on a décidé de faire un effort financier et de vivre à Genève. Après beaucoup de recherches, on a fini par trouver un petit appartement extrêmement cher dans le quartier des Eaux-Vives, le seul appartement pour lequel notre dossier avait été retenu. On y est resté 6 mois. Il nous aura permis de mettre un premier pied dans Genève et de troquer notre permis G pour un permis B. Notre vie a beaucoup changé en étant en ville. Nous qui vivions avant au centre ville de Luxembourg, on retrouvait cette vie citadine qui nous avait tant manquée. Pour l’intégration c’était aussi beaucoup plus facile, on était beaucoup plus facilement disponibles pour sortir, c’était plus facile pour rentrer le soir après une sortie, bref, on était très contents. En plus, c’était la fin de l’été et on était tout près du lac donc clairement en terme de qualité de vie on se sentait vraiment gagnants.

C’est comme ça qu’on a fini par bien s’intégrer et par se construire petit à petit un nouveau groupe d’amis.

scenic view of the mountains
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Appréhender les différences culturelles

Sur certaines choses notamment la vie de famille, la mode, l’achat immobilier,… les Suisses ne voient pas les choses comme les français. Pour nous par exemple, acheter un jour était très important, pour les Suisses ça l’est beaucoup moins (notamment à cause des prix mais pas que !). De manière générale les Suisses me semblent être un peu plus traditionnels que les français dans leur façon de penser. Il y a bien entendu des divergences et des exceptions mais tout de même, c’est une société qui vit encore un peu “à l’ancienne”. Les changements prennent du temps ici !

Profitez d’un cadre de vie incroyable

Le cadre de vie est pour moi le premier et plus important point positif de la vie à Genève. Vivre ici c’est aussi profiter d’un lieu de vie vraiment dingue. Le lac l’été, la montagne l’hiver et pas n’importe lesquels ! En été, le lac Léman peut facilement rivaliser avec les plages du sud de la France. L’eau avoisine les 24 degrés l’été et de nombreuses plages sont vraiment très agréables. En hiver, les pistes alpines à proximité sont parmi les plus belles d’Europe. Le Jura aussi a beaucoup à offrir ! Vivre ici c’est avoir le luxe de pouvoir en tester plusieurs très facilement. On peut même devenir très exigeant, et ne choisir d’aller sur les pistes que si le temps est vraiment optimal. Je le disais, le choix est très impressionnant. Côté Suisse, Verbier, Crans Montana, les Diablerets dans les Alpes mais aussi la Dôle ou le Noirmont dans le Jura. Côté Français, dans le Jura il y a Crozet qui est vraiment tout près, mais aussi Les Rousses, Monts Jura ou encore Mijoux. Pour les Alpes, toutes les stations connues des Alpes du Nord sont à +/- 1h de Genève : la Clusaz, Megève, le Grand Bornand,… Le choix est vaste !

En plus des activités en plein air, je trouve que la Suisse fait beaucoup pour promouvoir la culture accessible. Par exemple, à Genève, l’ensemble des collections permanentes des musées de la ville sont accessibles gratuitement.

Un rythme de vie très peacefull

Deuxième argument très important en faveur de la vie ici, voire même premier ex-aequo avec le précédent : le rythme de vie. Je trouve qu’on a vraiment un bon équilibre vie privée / vie professionnelle en Suisse. Bien sûr d’une entreprise à l’autre ça peut varier mais pour moi qui travaille en Big Four, ça n’a rien à voir avec ce que mes amis peuvent vivre en France ou au Luxembourg. Il y a toujours des périodes très chargées bien sûr, des périodes où il est indispensable de travailler le week-end et/ou tard le soir pour tenir nos délais, mais il y aussi des périodes où il est tout à fait possible de rentrer à 18h30. De manière générale, je n’ai pas rencontré ici cette culture du “rester pour rester” (ou en tout cas de vouloir montrer qu’on reste tard) le soir au travail. Il n’y a pas de honte à rentrer avant son supérieur hiérarchique.

Par contre, à la différence de la France ou du Luxembourg, j’ai trouvé les pauses moins nombreuses et plus courtes, notamment pour le repas du midi. On travaille sur une plage horaire moins longue mais les journées sont plus intenses et plus concentrées, il n’y a donc aucun sacrifice sur l’efficacité et en bonus on finit plus tôt le soir !

Pour vous donner une idée, la journée de travail commence souvent vers 8h30 à Genève mais plus on se rapproche de la Suisse alémanique, plus ça commence tôt. D’ailleurs, sur Lausanne j’ai plusieurs connaissances qui commencent autour de 7h30 voir 7h. Mes collègues de Zürich quand à eux ont souvent des réunions à 7h30 le matin. Clairement, ça pique un peu ! Ici à Genève c’est moins vrai, on est plutôt sur du 8h30 voire 9h. Rarement plus par contre !

Dernier point concernant le rythme de travail, sachez que les contrats ici sont de 40 voire 42 heures par semaines et pour les vacances, comptez un minimum de 4 semaines, mais vous en aurez souvent 5 dans les grands groupes.

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La vie hors Union européenne

C’est un point qui peut sembler n’être qu’un détail mais au contraire, c’est très important. La Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne. Pas d’euro ici mais des francs suisses. Pas de travail / résidence en Suisse sans permis. Mais le plus pénible au quotidien, selon moi, c’est que ne pas être en UE signifie le retour de quelque chose qu’on avait depuis longtemps oublié : la douane. Alors oui vous pensez à la douane physique, les contrôles aux frontières, qui sont assez peu nombreux mais qui existent bel et bien. Mais la douane ce sont aussi des frais, dès que vous achetez quelque chose en dehors de la Suisse ou presque car des seuils s’appliquent.

Là où ça devient très pénible, c’est quand on veut commander des articles en France ou autre. L’argument peut paraître futile et vous pourriez vous dire “pourquoi ne pas tout acheter en Suisse ?”. Tout simplement parce qu’il y a beaucoup de choses qu’on ne trouve pas en Suisse ou en tout cas, quand on est habitués à des produits de certaines marques, notamment françaises, on a tendance à vouloir les commander en France (et de toute façon il n’y a pas toujours d’équivalent côté Suisse). D’ailleurs, il arrive aussi qu’on trouve bien le produit en Suisse mais à un prix pas loin du double de celui de la France… Pourquoi ? Tout simplement parce que l’importation coûte cher ! Si vous commandez en France, malgré la proximité géographique, la livraison coûte cher, très cher. Pas seulement pour le tarif de la livraison, non, simplement parce que vous allez payer en plus des frais de douane et la TVA suisse. Il est maintenant souvent possible d’acheter hors taxe en France et donc de ne payer la TVA qu’une seule fois, en Suisse, lors de la réception. Mais il y a encore beaucoup d’entreprises qui facturent tout de même la TVA française et dans ce cas là c’est vraiment gagné, double TVA. Il est possible de la récupérer mais des frais s’appliquent et ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Les frais ont en plus pas mal augmentés dernièrement car la Suisse considère, et c’est compréhensible, qu’il faut protéger le marché suisse de la concurrence étrangère. Je vous l’accorde c’est un petit désavantage mais au quotidien c’est tout de même assez pénible (sans parler du fait que beaucoup de boutiques ne livrent juste pas en Suisse).

On a tendance à faire beaucoup de reproches à l’Union Européenne quand on y vit mais c’est en la quittant qu’on se rend vraiment compte des avantages non négligeables de l’UE ! La monnaie unique, la libre circulation des personnes et des biens, c’est quelque chose qui me manque beaucoup en Suisse. Je précise que les différences importantes dans les prix ne concernent pas que les vêtements, les meubles et autres objets de la vie courante. Des articles essentiels comme les aliments ou les médicaments sont aussi beaucoup plus chers ici.

Par extension, sortir au restaurant, aller boire un verre, tout ça était déjà assez cher au Luxembourg, mais ici à Genève on atteint un nouveau plafond. Et pour cause, les aliments, les boissons, tout ce qui a dû être importé augmente inévitablement le montant de la facture.

Un marché du travail pas si simple

Dernier point noir, le marché du travail. Il faut savoir que le nombre de postes disponibles ici est moindre qu’au Luxembourg mais que le marché du travail est plus varié. Il y a une variété d’industries bien plus large.

Avant la pandémie et la crise financière qui l’accompagne, un rapport de l’Université de Zürich indiquait qu’une pénurie de main-d’oeuvre se profilait pour la Suisse. Les estimations sont assez impressionnantes puisque cette pénurie se chiffrerait à environ un demi-million de personnes d’ici à 2030. Il était donc attendu que les travailleurs étrangers, notamment dans les secteurs hautement qualifiés, soient très demandés dans tout le pays pour faire face à cette pénurie. C’est assez difficile de prévoir ce qu’il va se passer maintenant avec la crise actuelle. Sachez néanmoins qu’à Genève, les secteurs les plus dynamiques sont ceux des organisations internationales et ONG, des instituts de recherche telles que le CERN mais aussi le secteur du tourisme et de la finance. En 2018, les profils les plus recherchés à Genève étaient les techniciens qualifiés, les employés des services fiduciaires tels que les auditeurs et conseillers fiscaux, les médecins et autres professionnels de santé, les pharmaciens, les ingénieurs et les profils tournés vers l’informatique.

En tant que francophones, on a clairement un avantage concurrentiel à Genève, où la maitrise du français est primordiale !

La recherche d’emploi n’en reste malheureusement pas moins difficile. Il faut s’accrocher et persévérer. La crise actuelle n’arrange rien. En Septembre 2020, le Canton de Genève avait un taux de chômage de 5.2%, le taux le plus élevé de toute la Suisse.

Un salaire confortable qui permet de plus facilement se constituer une épargne

On termine sur une note positive. Ce n’est pas un secret, les salaires sont élevés en Suisse par rapport au reste du monde, et encore plus à Genève et Zürich par rapport au reste du pays. En plus, en 2020 les genevois ont voté en faveur de la mise en place d’un salaire minimum de 23CHF brut par heure, faisant de Genève le lieu au monde possédant le salaire minimum le plus élevé.

areal photography of snow coated mountains under clear blue sky
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Bilan de ces 5 ans en Suisse

En clair, s’expatrier, ce n’est pas facile et c’est valable partout ! On a tendance à beaucoup idéaliser l’expatriation, notamment en raison de l’image qu’elle véhicule à la TV comme via les réseaux sociaux. S’expatrier ce n’est pas facile. En plus des embûches que j’ai mentionné précédemment, il faut reconnaître qu’il y a des moments de vraie tristesse dûs à la distance géographique entre nous et nos amis / familles.

Néanmoins, nous sommes tout de même très satisfaits de notre vie ici ! Je le disais, le cadre de vie est incroyable, ce qui est quand même un vrai plaisir au quotidien, mais en plus, nous avons tous les deux un emploi qui nous plait et dans lequel nous sommes pleinement épanouis. On a trouvé notre rythme et un équilibre vie privée / vie professionnelle qui est vraiment très précieux pour nous, encore plus maintenant que nous sommes parents !

Bref, on s’est attachés à nos amis d’ici et à notre belle région. Un retour en arrière serait vraiment difficile !

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